
Tu n'avais pas assez de tes 17 transports aeriens a travers le monde, tu t'es donc dis qu'un 18eme serait appreciable...et ce fut le cas! Ne serait-ce que parce qu'il t'a permis d'enfin arriver a destination! Un peu plus d'une heure de vol, tu atterris donc dans l'antique ville de Xi'an.
Apres t'etre installee dans une sympathique auberge au centre de la ville, tu profites d'un temps plutot clement, malgre la grisaille urbaine permenente, pour aller decouvrir le quartier musulman. Et la, dans ce quartier anime, tu trouves enfin la Chine que tu cherchais. Celle des vieilles maisons aux toits recourbes et aux lampions rouges suspendus aux fenetres.
Tu deambules dans les ruelles pavees ou grouillent les echoppes de marchands de souvenirs,de soieries et d'antiquites, d'artistes caligraphistes et de vendeurs de petites brochettes d'agneau et autres specialites culinaires parfumees. au bout de la rue principale, un marche de douceurs sucrees ou sont alignes sur les etales un nombre incroyable de fruits confits et de gateaux aux amandes. Un plaisir pour les yeux autant que pour le palais.
En fin d'apres midi, le quartier bat son plein et il te faut prendre garde au defile incessant et anarchique des velos, touk-touks et taxis qui tentent de circuler dans ce capharnaum qui fait face a la Tour du Tambour.
A l'heure ou le soleil revet ses couleurs chaudes et douces, tu penetres dans l'enceinte de la Grande Mosquee. Moment magique ou les rayons lumineux transitent entre deux nuages cremeux et viennent enluminer les dentelles pierreuses qui ornent les kiosques et pavillons du jardin. Une successsion de portes et portiques t'invite chaque fois a contempler une autre facette du jardin des delices dedie a l'harmonie et au recueillement. Par erreur surement, et par bonheur pour toi, peu de visiteurs... et tu apprecies a sa juste mesure ce pur moment de calme et de serenite. Voila qui t'enchante apres le neant culturel de Guilin et Chongqing. Un bol d'air au milieu de la folie urbaine....
Le printemps semble avoir trouve ici un espace propice a son epanouissement et quelques fleurs timides ont trouve refuge entre les tuiles des toits a virgule.
Ce quartier est un peu tel le village d'Asterix resistant a l'invasion barbare et destructrice de l'urbanisation moderne a la chinoise. Tout autour et meme un peu plus loin encore, une armee de buildings en beton arme!
Toi c'est dans ce quartier que tu te sens le plus a ton aise et tu as beau pietiner d'autres trottoirs sales, tes pas te ramenent invariablement au meme endroit...the muslim quarter.
C'est aussi dans cette ville que tu decouvres ce que l'on pourrait appeler la pizza chinoise: le Roujiamo. Une sorte de pain pita sur lequel est etale un melange de viandes, d'epices et de piments le tout cuit au four. Un delice pour seulement 20 centimes.
Ton jour de pluie est consacre a l'exploration du museee historique pour tenter de comprendre un tant soit peu comment s'est construit ce pays. Quel tristesse de constater qu'il n'y a guere que derriere les vitres du museum que les antiquites sont mises en lumiere. Comment une si grande richesse culturelle et artistique a-t-elle pu autant etre mise a l'ecart jusqu'a en etre demanteler par la fameuse revolution culturelle et aujourd'hui encore par l'urbanisation massive?
Un chef d'oeuvre reste pourtant epargne, protege par la terre qui l'a completement enseveli pendant plus de 22 siecles jusqu'a ce jour de 1974 ou il a ete redecouvert... La fabuleuse armee de Terracota!
Plus de 500.000 personnes ont travaille pendant 36 ans a la realisation du tombeau du premier empereur de la Chine Unifiee nomme T'sin (dont le nom serait d'ailleurs a l'origine du mot Chine). Cet empereur hante par sa mort, voulait s'entourer d'une veritable armee pour le proteger de ses nombreux ennemis. Et c'est pres de 7.000 soldats en terre cuite que l'on decouvrit il y a 30 ans de cela...et ce ne serait peut etre pas tout!
Un tel site ne peut te laisser de marbre (...) et tu reconnais etre vraiment impressionnee en entrant dans cette immense salle. Face a toi, en rang, bien ordonnes, ils sont la, presque aussi nombreux que les touristes...Pas un n'est identique a l'autre et tous ont le regard vif, resolument tourne dans la meme direction et definitivement fige!
Deux magnifiques chars en bronze completent la collection.
Cela te fait penser que sans quelques megalomanes de ce genre, hantes par la demesure et la vie dans l'au-dela, il n'y aurait pas de temples et de pyramides en Egypte, pas plus que de Taj Mahal en Inde....
Tu ne regrettes certainement pas ton deplacement a Xi'an... si hasardeux fut-il!
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